mercredi 23 janvier 2019

Un jumelage Bourgogne – Limousin à l’étude ?




Convoyées par Eve-Anne, nous nous sommes rendues dans le Limousin pour saluer des ami.e.s danseurs. En effet, Mayline, Jorène, Isabelle et Fabrice, qui ont foulé les parquets de nos ateliers et bals, sont désormais installés dans la région de Bellac (Haute-Vienne) en Basse-Marche. Pays de bocages verdoyants, la Basse-Marche déploie ses terres où les moutons et les vielles pierres sont rois autour de Bellac et du Dorat, et de part et d’autre de la rivière la Gartempe.  
 Le Limousin est un territoire marqué par des traditions musicales et chorégraphiques variées. Françoise Étay, professeure responsable du département Musique et danse traditionnelles du Conservatoire, a effectué de nombreux collectages de danses en Limousin. Elle précise sa définition des musiques et danses traditionnelles : 
 « Ce sont des musiques et des danses qui ont une histoire et une géographie. Il y a tradition si et seulement si il y a profondeur dans le temps sur au moins trois générations » explique-t-elle. « Tradition ne veut pas dire reproduction à l’identique, il y a forcément variation et aussi multiplicité des versions. L’ancrage géographique signifie que cela se passe dans des sociétés données, des cadres géographiques définis, des communautés rurales. 
Sources : https://geoculture.fr/musiques-et-danses-traditionnelles-du-limousin
 Françoise Etay évoque la grande diversité des collectages effectués en Limousin dès la fin des années 70. Les spécificités du Limousin sont : une tradition de violon, la chabrette limousine, la sautière et de nombreuses bourrées chorégraphiées. 
 Et bien justement, l’occasion était trop tentante de réaliser la chorégraphie de la bourrée des Cieux dans la commune de Cieux (Haute-Vienne) sur la place du village !  



              

Passage obligé au pied des menhirs et autres pierres à sacrifices sans oublier de déguster des chocolats viennois. 
 Mercredi soir, Isabelle, fière de nous faire connaître son Limousin, nous emmène à La Bazeuge pour assister à l’atelier animé par Dominique et Michel Thoury. Nous arrivons pour un cercle circassien qui sera suivi d’une chappeloise. Pas dépaysées du tout nous plongeons dans la danse : scottish, mazurka, andro. Puis l’animateur annonce « Cassiopée » mais le groupe commence tout juste à l’apprendre et à la décortiquer. Nous n’irons pas plus loin que les trois premières figures. Je propose qu’on retravaille la chorégraphie en fin de séance pour aller un peu plus loin dans l’enchaînement des figures mais la personne qui connaît le mieux la danse est absente ce soir. Notre séjour est trop court pour envisager une séance spécifique supplémentaire. Tant pis, nous nous rattrapons sur un Bal Limousine et un avant-2 à 5 figures avec des moulins main droite et main gauche. Puis c’est le moment du Congo de Captieux sur une musique peu marquée. Une danse yiddish et une danse des Pays de l’Est donnent une touche internationale à cet atelier. Nous découvrons la bourrée du Limousin appelée la Moutonne. Notons que l’atelier se clôt sur une note conviviale avec le partage de gâteaux et de boissons. Là-bas comme chez nous, on aime manger ensemble ! 
 Retour sur la commune bellachone. Isabelle fait partie du groupe folklorique « Lous Sautadours dau Vincou », plus communément dénommés « Les Sautadours » de Bellac. Isabelle nous invite à participer à une de leurs répétitions. En patois du Limousin, « Lous Sautadours » sont les échelles qui servent à enjamber les barrières pour passer d’un champ à un autre. En 2017, le groupe « Les Sautadours » a fêté ses 40 ans d’existence. Actuellement, une vingtaine de membres s’emploie à faire perdurer les traditions du Limousin. Le plus jeune couple est formé par Victoire et Nolan, âgés de 4 et 6 ans, qui dansent sans difficultés le Manuguet, le Brise-pied, l’Ajasse ou encore Le Branle du Rat. A son origine en 1977, le groupe se composait de 70 musiciens et danseurs. Le groupe entreprend de se moderniser avec de nouvelles danses et l’élection toute récente de Guillaume, jeune président âgé de 32 ans. Les Jeunes du groupe ne manqueront pas d’ailleurs de charrier la doyenne quand celle-ci demande la Tournugère, une bourrée qui tourne, qui tourne, qui tourne… 
 Nous invitons Guillaume à tester la bourrée des Grandes Poteries à 4 en croix pour résoudre le dilemme « faut-il placer les danseurs parallèles ou perpendiculaires au public ? » lors des spectacles que le groupe donne sur scène. La démonstration semble plaire à l’ensemble des danseurs qui bissent la prestation. 
 Mais il ne faut pas oublier que même si la répétition semble simple dans nos jupes, T-shirts et collants modernes, les représentations et défilés, eux, se font bien dans la tenue traditionnelle de la Basse-Marche. Pour les grandes occasions, les danseuses devront revêtir leurs dessous (panti et jupon), leurs dessus (chemisier et jupe), le tablier et de quoi s’embellir (châle et coiffe). Sans oublier les chaussettes en laine et les fameux sabots traditionnels ! 
 Isabelle, Eve-Anne et Jorène auront l’occasion de se mettre en tenues traditionnelles à l’occasion du voyage en Allemagne fin mai 2019 pour les fêtes du jumelage entre les villes de Bellac et Wassertrüdingen. 
 Pour conclure le séjour, le programme du samedi soir est également riche et varié : Eve-Anne et sa maman se rendent à la médiathèque de Bellac pour assister à des lectures de poésie accompagnées par la musique d’une contrebasse. Cette nuit de la lecture est organisée pour fêter les 70 ans des Editions Rougerie, basées à Mortemart, petit village par lequel la délégation de Bourgogne est également passée ! Les textes lus sont de Boris Vian, Georges-Emmanuel Clancier, Max Jacob, Saint-Pol Roux, et Pierre Bacle entre autres.
  Pour sa part, Fabrice me propose d’aller au bal folk de St Dizier-Leyrenne dans la Creuse. Deux groupes sont programmés : Festibal et Mélométis. Une bourrée est annoncée, un groupe se forme et annonce « Cassiopée » mais de nouveau la danse se résume à l’étoile, au refrain et au premier passage. Le bal en Limousin vaut le déplacement [environ 120 km aller-retour] par la diversité des danses proposées : valses asymétriques 5 et 8 tps, Congo de Captieux (Gascogne), Sbrando (Italie), Menuet de la chaine (Wallonie), Laridé 8 tps (Bretagne), Ooska Gookas (Arménie), Kritiko Servikos (Grèce) et trois créations de Mélométis : « Tarentelle/Valse » ; « Gavotte/Tango » et « Valse 7 temps ».

Dimanche retour en terres bourguignonnes avec un arrêt au Bal du dimanche après-midi de Cortambert où Eve-Anne fait un passage fort remarqué. Il faut dire que cela fait bien des années qu’elle n’avait pas foulé le parquet là-bas.
 Voilà nous rentrons en Bourgogne avec l’envie de partager de nouvelles chorégraphies de bourrées comme la Moutonne ou Marynou et avec la certitude que la danse permet de belles rencontres ! 
 Eve-Anne et Isabelle C

                                                                       La moutonne: Bourrée à 2 temps