Visuel Amélie

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lundi 30 janvier 2017

Isabelle vous invite à valser

« Je fais du corps à corps d’instinct… »


Le Toucher de la hanche a pour narrateur un habitué des concours de danse, qui tente, avec passion et dans un discours moins académique que ses pas, de faire partager son plaisir a bien valser et d’expliquer le fin du fin de la technique.


« Un bon valseur, il tient sa femme. Presque il la porte. Qu’elle se sente portée. Emportée. Qu’elle soit bien portante. Qu’elle fonde dans son valseur. Faut la tenir. La faire fondre. Pas la soutenir. La guider plutôt. Elle se laisse faire. C’est un oiseau. Si tu la lâches elle tient quand même. Tu l’emmènes. Tu la mènes. Tu t’adaptes à elle. Et elle à toi. Tu tiens les rênes. Elle le sent. Elle est libre. De partir. De rester. De faire un tour. Un détour.[…]

C’est court une valse. Faut que ce soit toujours trop court une valse. Te faut pas seulement une bonne tourneuse. Faut qu’elle t’inspire. Tes jambes et les siennes ça tricote. Ça caresse le parquet. Ça survole. Ça anticipe le danger. Ça avance. Ça n’a plus d’importance. Et tu souffles en même temps. Tu souffles ton vertige. Une passe à l’endroit pour le plaisir. Une passe à l’envers pour dérouler le tournis. Et quand son dos fuit sous ta main tu la replaces. Tu la laisses fuir. Partir un peu. S’écarter. T’échapper. Et tu la rattrapes. […]

Pour bien danser il faut de l’amour derrière. Il faut aimer. Le mot AIMER. Quand vous aimez c’est l’apothéose la viennoise. J’ai été subjugué. Je n’avais jamais connu de vraie viennoise ! Pour moi la viennoise c’était de la musique d’ambiance. […] La viennoise je vous assure je n’étais pas friand. Moi j’étais branché musette. Battement deux cent quinze à la noire. La viennoise c’était… c’est… ça n’a rien à voir avec elle rien !... C’est… Personne ne la fait comme elle ! Aujourd’hui je l’ai rattrapée et c’est grâce à elle. Mais il a fallu cravacher. Demandez à ma femme. Avec la viennoise je monte au septième ciel.
Nous avons le toucher de la hanche. Ce n’est pas un face-à-face. C’est un hanche-à-hanche… On ne doit pas voir le jour entre les deux. A partir de la hanche les corps partent en V, le V de Vienne ou de valse. Ça fait la tulipe… Pour moi c’est venu d’instinct avec ma femme. Je fais du corps à corps d’instinct. C’est venu comme ça point. Il y en a qui ont la voix pour chanter. Moi j’ai le corps pour valser. C’est comme ça. »


Jacques GAMBLIN
Le toucher de la hanche, 1997


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